Handicap et emploi au Cameroun: le parcours du combattant

On estime à plus de 500 millions le nombre de personnes en situation de handicap vivant dans le monde. Nous représentons en conséquence sensiblement 10% de la population mondiale. Il est curieux de constater que nous restons pourtant marginalisés, et plus encore dans les pays en développement où le handicap est largement considéré comme étant une tare. Difficile dès lors de ne pas être sujet à toutes les discriminations possibles, et notamment à l’emploi.

S’il est vrai que l’offre sur le marché du travail camerounais est très en deçà de la demande, les personnes en situation de handicap semblent être disqualifiées d’office. Les entreprises privées avancent deux arguments pour justifier la difficulté qu’elles ont à recruter les personnes handicapées. La première a trait au coût d’aménagement des locaux, ce qui est une nécessité absolue s’agissant surtout des personnes en fauteuil roulant. La seconde est l’absence d’effort de la part du gouvernement qui devrait les accompagner dans cette démarche.

Les choses ne sont pas meilleures du côté des entreprises para-publiques, des structures publiques et des professions libérales. Selon la loi relative à la protection et la promotion des personnes handicapées il  est possible de participer à un concours. Selon cette même loi, à compétences égales (tant en ce qui concerne les concours que les emplois publics ou privés),  la règle de la discrimination positive devrait s’appliquer. Hélas, entre ce que les textes prévoient et l’application qui en est faite le fossé est grand. Résultat des courses, les personnes en situation de handicap continuent d’être privées de la possibilité d’avoir un emploi décent.

Cette dure réalité fait partie du quotidien d’un pourcentage élevé de personnes handicapées. En effet, bien qu’on les compte sur le bout des doigts, quelques uns ont réussi l’exploit de s’imposer dans le monde professionnel. C’est le cas notamment de ce jeune aveugle ayant réussi avec brio le dernier concours du barreau. On en trouve aussi qui se sont faits une place dans le monde des affaires, devenant ainsi leur propre patron et employant un plus ou moins grand nombre de personnes, preuve que nous sommes des ressources humaines à même de contribuer au processus de développement du pays.

Alors faut-il se décourager ? Non. Ce serait être complice de la marginalisation dont nous sommes victimes. Toutefois, le gros du travail revient à l’État. On pourrait suivre l’exemple de ces pays qui ont instauré un quota d’emploi pour les personnes en situation de handicap. On pourrait également mettre en place des mesures incitatives, par exemple en réduisant les charges fiscales des entreprises qui consentiront à offrir un emploi à toute personne handicapée méritante. Des dispositions doivent en outre être prise en ce qui concerne la scolarisation et la formation des personnes en situation de handicap. Nous donner accès au monde de l’emploi ne permettra pas seulement de mettre fin à la « ségrégation » dont nous sommes victimes, c’est également un moyen de réduire la pauvreté comme l’avaient convenu les États présents au Sommet du Millénaire il y a 19 ans de cela.

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