Et si d’être en fauteuil roulant c’était juste être en avance sur les autres ?

L’on a tendance à se dire lorsqu’on croise un quarantenaire qui du jour au lendemain s’est retrouvé en fauteuil roulant : « Il a au moins eu le temps de faire sa vie ». Pour une personne plus jeune il est courant de s’entendre dire  « Étant jeune tu as encore suffisamment de force pour récupérer le  maximum possible, t’adapter et affronter les difficultés qui t’attendent ». En réalité, quelque soit l’âge et ce qu’on a pu accomplir (ou pas…), passer d’un état de valide à celui d’invalide moteur est loin d’être évident.

 Les uns plongent dans une profonde dépression, les autres perdent tout goût à la vie, et d’autres encore s’adaptent aux changements opérés dans leur existence et le vivent comme une situation tout ce qu’il y a de plus « normal ». Mais au fond qu’y-a-t-il « d’anormal » dans le fait d’être en fauteuil roulant ? J’ai pris sur moi de poser la question à ces personnes qui si elles évitent d’employer le terme « anormal » lorsqu’elles parlent du handicap moteur y voit tout de même quelque chose qui n’est pas des plus ordinaires. Les réponses loin d’être choquantes m’ont permises de parvenir à la conclusion selon laquelle je suis juste en avance sur d’autres. Voici pourquoi :

  • « Tu ne marches plus, on doit te porter pour t’installer dans un fauteuil roulant avec lequel tu te déplaces désormais ». Cette réponse quelque peu marrante m’a fait penser en souriant, « Je me déplace, c’est déjà ça ». Nombreux sont les seniors qui doivent faire usage d’un fauteuil roulant en raison notamment de leur âge avancé et des maux qui en résultent.
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  • « Tu dois porter des protections ». Cette réponse est moins drôle, et pourtant c’est la vérité. On peut s’en passer tant qu’on est à la maison à condition soit d’être autonome comme c’est le cas chez de nombreux paraplégiques, soit d’avoir une personne à disposition pour vous aider promptement (par exemple pour vider la vessie lorsqu’on ressent l’envie d’uriner). À l’extérieur par contre c’est plus compliqué, notamment en raison de l’absence de toilettes adaptées aux personnes à mobilité réduite. Alors bon gré mal gré on en porte une. Fort heureusement il existe des modèles assez discrets et quelque peu semblables à une culotte classique. Tout comme c’est le cas pour le fauteuil roulant, avec l’âge nombreuses sont les personnes qui désormais doivent porter des couches adultes ou autres protections notamment en cas de fuites urinaires.
  • « On t’assiste pour quasiment tous les gestes du quotidien ». Sur ce point j’admets que ce soit difficile à concevoir, car c’est le propre des tout-petits. Mais là encore je suis juste en avance. Si certaines personnes âgées parviennent à se passer d’une aide dans la gestion de leur quotidien, ce n’est pas le cas pour tous, ce qui justifie l’existence des établissements pour personnes âgées dans certains pays.

Difficile à accepter au départ, j’ai fini par intégrer le fait que tous ses éléments fassent désormais partie de mon quotidien. Ainsi si la grâce m’est accordée d’atteindre un certain âge j’aurai une petite expérience !

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