Personne à mobilité réduite : les clés pour éviter une relation conflictuelle

Vivre avec une personne à mobilité réduite est loin d’être évident. Nous ne contrôlons pas toujours nos humeurs, moi la première. Le quotidien peut en conséquence avoir vite fait d’être pénible pour tout le monde, tant pour la personne en situation de handicap que pour les personnes qui gravitent autour d’elles. Il est pourtant possible de trouver le juste équilibre et d’avoir une vie épanouie. Voici les clés pour y parvenir.

Ne confondez pas handicap moteur et handicap mental

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Lorsqu’on devient paraplégique ou tétraplégique à la suite d’une blessure médullaire, le handicap est essentiellement moteur. On est limité dans ses gestes, mais pas dans sa capacité à analyser, à réfléchir, à prendre des décisions. Le conflit naît généralement de cette confusion inconsciente. Il m’arrive de vouloir crier à certains  » Je ne peux pas faire grand chose toute seule, laissez moi au moins la possibilité de prendre les décisions qui me concernent ». Ça peut paraître banal, mais d’avoir ce pouvoir décisionnel ou tout du moins de savoir que son avis compte permet de se sentir respecté et traité en tant qu’être humain.

Respectez la sphère d’intimité à laquelle tout le monde a droit

L’intimité est un luxe lorsqu’on est en situation de handicap. Comme expliqué plus en détail dans cet article, la personne paraplégique ou tétraplégique a besoin d’assistance pour quasiment tous les gestes du quotidien. Il est difficile en pareille circonstance d’avoir une vie intime. Mais si vous souhaitez éviter une relation conflictuelle respectez le minimum de vie privée qui lui reste. A titre d’exemple, il n’est pas toujours plaisant de recevoir du monde dans sa chambre. Quand bien même il s’agirait de personnes qu’on apprécie, on a tous parfois besoin de se retrouver seul.

Ne lui donnez pas l’impression que son corps ne lui appartient plus

L’une des choses les plus difficiles dans le fait de prendre soin d’un paraplégique ou d’un tétraplégique est de ne pas lui retirer cette impression que son corps continue de lui appartenir. Il est important pour une personne en situation de handicap de savoir qu’elle garde un certain contrôle sur ce qui la concerne. On ne décide pas toujours des réactions de son corps, ce serait dommage en plus de le voir nous échapper totalement. On a tous des habitudes, des rituels et des petites manies, respectez les siens même s’ils vous semblent exagérés.

Ne l’amenez pas à penser qu’elle est  un fardeau

S’occuper d’une personne en situation de handicap en l’occurrence une tétraplégique n’est pas aussi différent que de prendre soin d’un enfant en bas âge. Il faut notamment l’aider pour son bain, la langer, concocter ses repas, et dans les cas les plus graves la nourrir. Soit, c’est « normal » de le faire pour un bébé mais c’est plus difficile de le concevoir quand il s’agit d’un adulte. Quelques fois vous serez fatigué ou vous aurez tout simplement la flemme, pourtant bon gré mal gré il va falloir vous y coller. Si à ces moments là c’est pénible pour vous, dites-vous que pour la personne en situation de handicap ça l’est quasiment tout le temps. Si elle pouvait faire sans vous elle n’hésiterait pas. Alors dans la mesure du possible ne laissez pas (trop…) transparaître votre ressenti.

Ne la définissez pas par son handicap qui n’est d’ailleurs qu’un handicap

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Une personne handicapée moteur n’est pas « un malade », ne la définissez pas en tant que tel. Lorsque la paraplégie ou la tétraplégie résulte d’un traumatisme pourquoi y voir comme une sorte de maladie incurable ? À défaut de la désigner par son prénom, il serait de loin préférable de parler en termes de « Ma fille ou mon fils/ mon époux ou mon épouse/ mon frère ou ma sœur/ mon ami … handicapée ». Croyez le ou non, ça passe mieux et ça permet de ne pas se sentir coupable d’exister. L’invalidité d’un proche peut être difficile à accepter, mais plus tôt vous verrez en son état quelque chose de qui fait désormais partie du quotidien et meilleures seront vos relations.

Ne cédez pas à tous ses caprices

Quand on a affaire à une personne en situation de handicap moteur il est fréquent de vouloir lui simplifier la vie au maximum. Pour lui éviter davantage de soucis la tentation est grande de céder à tous ses caprices. C’est une erreur à ne pas commettre si l’on souhaite éviter toute relation conflictuelle. Ne craignez pas de dire non à tout ce qui vous semble démesuré, ou admettre que vous n’êtes pas en mesure de satisfaire à toutes ses attentes. Ça peut avoir pour effet de provoquer une baisse de moral (on se dit alors si je n’étais pas en situation de handicap…), mais vous serez épargné de dérives qui au final peuvent empoisonner votre relation.

En conclusion pour éviter d’avoir des relations conflictuelles avec une personne à mobilité réduite, traitez la autant que possible comme vous apprécierez de l’être, sans oublier l’unicité propre à chaque individu …

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