Tétraplégie : L’envers du décor

Une tétraplégie est une atteinte des membres inférieurs et de ceux supérieurs. Ainsi, chez le tétraplégique il n’y a pas que les pieds qui sont atteints de paralysie, les bras le sont également. Selon le degré de lésion de la moelle épinière certains tétraplégiques conservent une certaine mobilité de leur torse, et d’autres non. Pour celles des personnes qui ne partagent pas le quotidien d’un blessé médullaire le handicap se limite à l’impossibilité de se mouvoir. Les changements sont pourtant bien plus nombreux qu’on ne le pense. Petit décryptage.

Tétraplégie et troubles de la sensibilité

Les troubles de la sensibilité font partie intégrante de la tétraplégie. Une lésion de la moelle épinière entraîne une perte de la sensibilité plus ou moins accentuée selon le cas. La perception de l’environnement et du corps du tétraplégique change. Il lui est par exemple difficile d’être conscient qu’il a adopté une mauvaise posture, ce qui à la longue peut entraîner des déformations. La perte de la sensibilité se manifeste également au niveau du toucher. Vous pourrez caresser, pincer, griffer, poser un glaçon et même verser de l’eau bouillante sur les parties qui se situent en dessous de la lésion, c’est le même sourire qui s’affichera sur ses lèvres. Au fil des années certains tétraplégiques parviennent à retrouver une certaine sensibilité, mais différente de celle d’une personne valide.

Tétraplégie et baisse de tension

Tétraplégie rime avec baisse de tension. Elle arrive généralement au moment où l’on s’y attend le moins et n’est pas toujours provoquée par une extrême fatigue. Ceci s’explique par le fait qu’une lésion médullaire entraîne un trouble du système nerveux autonome. C’est ce dernier qui permet de réguler les différentes fonctions de l’organisme ainsi que la pression artérielle. Il peut donc arriver que la tension d’un blessé médullaire chute sans aucune raison apparente, ce qui provoque un abaissement de la température et une sudation excessive. Dans les cas les plus graves il peut s’en suivre un étourdissement de quelques minutes. C’est la raison pour laquelle il est d’autant plus important pour un tétraplégique d’avoir une bonne hygiène de vie.

Tétraplégie et spasmes

Tout le monde peut avoir des spasmes. Il s’agit de contractions involontaires des muscles. Chez une personne atteint de tétraplégie les contractions sont persistantes et plus ou moins régulières selon le cas. Elles peuvent être très violentes, allant jusqu’à déplacer les membres inférieurs du pose-pieds du fauteuil roulant, ou propulser le corps du tétraplégique vers l’avant. Un traitement médicamenteux peut aider à les gérer au mieux notamment en diminuant leur fréquence. Parfois difficiles à supporter et gênants quand ils se déclenchent en public, les spasmes ont cependant un avantage. Ils permettent de maintenir certains muscles en état et une belle silhouette dans l’ensemble.

Tétraplégie et incontinence

L’incontinence est sans doute ce qu’il y a de plus difficile dans la tétraplégie. Le système nerveux central étant atteint, le blessé médullaire n’a plus de contrôle de son appareil urinaire et du sphincter annal. Bon gré mal gré les couches et les sondes urinaires font donc partie du quotidien. Certains exercices de rééducation peuvent néanmoins permettre au tétraplégique de retrouver un certain contrôle tout du moins en ce qui concerne les fuites urinaires. Se débarrasser de la sonde à port constant pour utiliser des sondes d’auto-sondage devient envisageable dans ce cas. S’agissant de l’incontinence fécale se vider l’intestin 2 à 3 fois par semaine permet de rester propre et de rythmer la fréquence des selles.

La tétraplégie n’est pas juste un paralysie des quatre membres. Une lésion médullaire entraîne de nombreux changements auxquels le tétraplégique et son entourage doivent s’adapter. L’appareil génito-sexuel n’est pas épargné, mais avoir une vie sexuelle épanouie reste possible. Cliquez ici pour en savoir davantage sur ce sujet.

Une réflexion sur “Tétraplégie : L’envers du décor

  1. L’accent a toujours été mis sur la perte de la sensibilité. A quel degré ? L’impact sur la vie de tous les jours reste très sous-estimé. Je découvre la gestion des besoins qui devient un problème critique. Au final ce qui reste intact ce sont les facultés intellectuelles. L’acceptation demande un mental d’acier.

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